Dans le port de Dienville…
Décidément, beaucoup de référence à la chanson… En fait, peut-être un nouveau jeux: le « qui chantait »? … (Bon, pour les adeptes du « verlan » vous l’avez eu?
pour les autres, il y en aura d’autres). Et oui, après « t’as voulu voir Dienville, on a vu Dienville« , voici « Dans le port de Dienville », récit d’une balade de plus de 100km…
Et tout commence Vendredi, 6h00 du matin… Je n’arrive plus à dormir depuis plus d’une heure, et je me lève, un peu comme si St Georges m’avait mis un coup de pied au cul… C’est décidé, aujourd’hui je pars! 7h30 en selle, avec ce qui qui va être, et avec le recul, je peux le dire, la partie la plus difficile pour Babyloue: la traversée du pays d’Othe que je décide de faire au pas… en effet ici, les dénivelés sont légions! Et « qui veut voyager loin ménage sa monture »… Et de vallée en vallon, de vallon en mont, de mont en forêt, de forêt en sentier, de sentier en GR, de GR en chemins de pays… tout y passe!!!
Et pourtant, Babyloue avance, ça je peux vous le dire! et les km défilent, les villages aussi: Vaujurennes, les Cornées, Craney, Villemoiron en Othe, Vaugelay, Chennegy à 10h30: une pose s’impose. Puis on repars, pour se retrouver sur les dessus du centre de Télécommunication Spatiale
… toujours aussi anachronique! Alors que le pays d’Othe est plus digne de Lancelot et ses dames du Lac, ici, c’est plutôt digne de l’épisode de Tintin et Milou: « objectif Lune »… Mais, d’ailleurs, n’est-ce pas ce que Babyloue est en train de m’offrir?
On repars, Vauchassis et bientôt Souligny, mais pas avant d’être sortie de la forêt par Montaigu… Le nom aurait dû attirer mon attention… Car ici, la carte est rouge de lignes de dénivelés!!! dont la dernière barrée de barres perpendiculaires.
La légende indique qu’il s’agit d’un ravin… Dans la réalité, cela indique une galère!!! J’avais bien prévu de sortir par la vallée, je l’ai bien trouvée… mais ce n’est ici qu’un chaos d’arbres couchés, de branches mortes, de buisson, stigmate de la tempête de 99… Certains l’expliquent par x raisons… qu’on a décidé de laisser le bois en place… moi je constate qu’à chaque fois que l’endroit est inaccessible, les marques sont toujours là… En tout état de cause, impossible de prendre la vallée, demi-tour, il va falloir trouver un passage plus loin… Mais le contours pur et dur est impossible… trop long, trop de perte de temps! Alors, je cherche, et enfin, je vois une trouée!!! génial, je m’avance… et là désillusion!!! Ce que je prenais pour une trouée, un espace sans arbres, était en fait… le dessus de la forêt!!! Ben quand je vous dis qu’il y avait un sacré dénivelé! Rebelote, je recherche, analyse la carte, et enfin, je trouve un endroit… moins pentu.
Je m’y engage, et Babyloue, septique, me regarde évoluer tels un tripède… mes deux jambes et une main ne sont pas de trop pour ne pas tomber. De l’autre, je tiens Babyloue, qui brave, me suis, à pas compté, les oreilles à hauteur de ces sabots arrière, mais sans doubler, sans douter, et à force de mettre ses pas dans les miens, nous arrivons en bas! Et il faudra encore un peu de temps pour retrouver enfin le chemin « des tours du Pays d’Othe ». J’avais prévu de contourner Montaigu par le sud, par un chemin qui monte au sommet, mais un arbre en travers, type branche basse à +/-20cm du niveau du garrot (genre tu te loupes, t’as plus de selle), me laisse perplexe, et l’épisode que je viens de vivre ont raison de mon choix.
Demi-tour, on contournera par le nord, et cette grande vallée, superbe de beauté, et dernier vestige du Pays d’Othe avant la grande plaine Troyennes et le pays d’Armance… Mais avant cette traversée, arrêt chez DLS Equitation où Benoit Loban m’attends avec un café salvateur;-) On discute, on plaisante et pendant ce temps, Babyloue, elle, aura droit de brouter en liberté les espaces verts… d’ailleurs, elle est invitée une semaine pour finir;-)
13h45, il est temps de repartir, avec la traversée de la plaine… et là, attention aux cartes… C’est comme avoir un plan de métro Londonien pour évoluer à Paris… Certes, quelques pictogrammes seront reconnaissables, mais pour le reste… il faudra adapter… le remembrement est passé par là, mais pas les ingénieurs de l’IGN… En résulte des chemins qui n’existent plus, d’autres, tenant plus des autoroutes, bien blancs, bien au carré, et pouvant accueillir des engins énormes (genre enjambeur… pouvant enjamber une voiture… d’ailleurs, Babyloue aime moyen ces monstres jaunes et bleus). En conclusion, c’est devenu le pays du géant vert, avec ses champs tous plus grands les uns que les autres… et digne du « fordisme »!!! Ici, on fait une chose, et c’est tout! …Mornes plaines… ami insecte, t’as intérêt à apprécier la culture, sinon, change de pays! Bref, le plat pays sera traversé… avant d’arriver aux Bordes d’Aumont, et plus précisément aux écuries de Métendal, gîte équestre et cible de cette première journée! Avec les détours, certes les 50km ont dû être dépassés. Mais qu’à cela ne tienne, il est 16h45, le temps de s’occuper de Babyloue (petite douche – puis paddock avant la rentrée au box). Pour le reste, une nuit réconfortante fera l’affaire. Demain sera un autre jour!!
Et la matinée commence par… une panne de réveil… s’ensuit un transport de van/paddock jusqu’au lieu de destination… et un retour en voiture pour y repartir… à cheval… Y sont fous ces romains auraient criaient mes ancêtres!!! Bref, je pars effectivement à cheval de Métendal à 10h30… Le terrain étant plus plat comme précédemment vue, et Babyloue particulièrement en forme, je m’autorise plus de trots, et de galops… Clerey, puis le Haut Chêne, où je fais escale pour manger (et où Caroline, transformée en assistante volante, me rejoins pour un pique nique champêtre:-)), et les traversées d’étangs, de routes nationales, et d’autoroute défilent…
Et enfin… Lusigny sur Barse!!! symbole, s’il en faut, du pays des lacs!!! La traversé du village se fait sans encombre, et j’arrive sur la vélo-voie!!! longeant le canal de restitution; et même si le ciel se charge, un petit air de vacances se lève avec:-). Babyloue, un peu surprise au début de ce grand… fossé, le suit! direction, le lac!!! Et… désillusion!!! la vélo-voie s’arrête bientôt!!! Ici, non, on ne passe pas! Un mur de grillage, même si vert, pas très sympathique se lève devant nous!!! Pas prévue ça! et quel dommage, cet espace vert, bien tondu, aussi immense qu’inaccessible… OK, on va composer… D’ailleurs, le paysage et la campagne changent… avec l’apparition de près… Ici, c’est clair, il fait plus humide. D’ailleurs, l’herbe est haute et grâce… Mais attention, c’est aussi synonyme de barbelés… et la carte qui est toujours aussi imprécise… mais je veux éviter la route à tout pris, alors, une petite « pissette », un bocage, et un chemin entouré de barbelés… on y va…
Puis, il faut traversé le canal, alors, pas le choix, ce sera la route! et surprise, une voiture ralentit, et ce sont Caroline, Aymé, Nicolas et Renaud! Ça tombe bien, ils vont m’escorter pour cette traversée durant laquelle Babyloue occupe toute la route, en regardant bizarrement les cotés du pont, craignant sans doute qu’un alligator ne surgisse des bas cotés… Petite pause, et je repars, direction Mesnil St Père, que je traverse avant de rentrer dans la forêt que je ne quitterai plus jusqu’à Dienville!!!
Et que du bonheur! avec un un grand chemin équestre de 8m de large qui m’attend!!! galop, serein, interminable, et les km défilent au pays des templiers… Et plus j’avance… plus le chemin se rétrécie, et j’ai le plaisir de voir les marquages oranges CNTE! Chemin que je quitte à nouveau pour suivre un chemin… d’homme où tout redevient courbes, dénivelés, naturel… jusqu’à ce petit trait bleu sur la carte… comment dire, insignifiant, mais qui s’avère être en fait un trait perpendiculaire à ma route, de 2 mètres de profondeur sur 3 mètres de large! Heu, ça ne s’invente pas, je suis dans « le bois de profonde fosse »… Bien sur, il y a…
ce pont, mais… on ne passe pas ça à cheval! Donc, je cherche à passer, à droite, à gauche… et enfin trouve ce que j’estime être un passage… et je me transforme cette fois-ci en… quadrupède! descend dans le fossé… et Babyloue, bien campée sur ces quatre membres… me regarde… gouzigouzi, ma louloute, et autres « petits » mots n’y feront rien… ben non, elle ne bougera pas! Il faut se rendre à l’évidence, il faut contourner, et trouver beaucoup plus loin, le bon passage…
Enfin, je retrouve le bon chemin… et là… panne de GPS, plus de batterie… Heureusement, j’ai les cartes « papiers » et ma bonne vieille boussole… Qui veut voyager loin… prévois;-)
La route continue, et cela devient de plus en plus concret… avec cette traversée de chemin au milieu du lac… moment magique, au milieu de nul part, avec pour seuls habitants ces oiseaux dont les chants sont de plus en plus présents, variés, enjoués semble-t-il… et ces cygnes en train de couver… Oui, mais visiblement, la négociation n’est pas leur fort, alors, ils se mettent debout, déploient leurs ailles… et moi, je file!!!
Sortie de forêt… et j’aperçois Dienville!!! Ça y est (presque), il ne me reste plus qu’à contourner le lac… par la digue… et là, on prends les mêmes et on recommence…
Interdit aux chevaux… Autres temps, autres mœurs, ne serait-il pas temps de changer cette réglementation? Un hymne?
Ouvrez ouvrez la digue aux chevaux
Laissez les galoper c’est beau…
Bon, je respecte à moitié, et fini par la route… D’abord le port, puis la capitainerie, les paddocks, avant d’arriver enfin, au camps! Voilà, c’est fait… et un immense bonheur m’envahit! Le temps de faire un petit tour, saluer tout le monde, et sur les bons conseils de Manue, je vais détendre Babyloue dans
l’Aube; au retour, j’installe le paddock, distribution de ration… et le week-end va pouvoir commencer, mais ça, c’est une autre histoire!
En espérant avoir pu vous faire partager un tant soit peu cette balade… ce n’était en fait que du bonheur!!! à faire, refaire, et re-refaire!!!
Bon surf, bonne balade!





trop sympa , le recit de votre randonnee du pays d’othe a dienville et BRAVO.
Je suis une fan du pays d’othe et je sais que ca ne rigole pas toujours sur ces beaux chemins et ces paysages qui sont d’ailleurs completement magiques.
ah ca donne envie d’y retourner ! bonne continuation et encore bravo